Au Japon, l’épineuse question des enlèvements parentaux d’enfants

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VIDÉO. Alors que l’Europe hausse le ton, le Japon ne semble pas prendre la pleine mesure du problème lié à la multiplication des cas d’enlèvements d’enfants binationaux.

De notre correspondante à Tokyo, Karyn NishimuraPublié le 12/07/2020 à 09h54 – Modifié le 12/07/2020 à 16h25

Les reproches sont sévères, la réponse est un déni catégorique et le problème reste entier : le 8 juillet, le Parlement européen a adopté à 686 voix pour (1 contre, 8 abstentions) une résolution visant le Japon à propos de la multiplication des cas d’enlèvements d’enfants binationaux par un de leurs parents nippons.

Que dit la résolution européenne ? Que le Japon « ne semble pas se conformer aux règles internationales en cas d’enlèvement d’enfants ». Et elle lui « demande instamment d’appliquer efficacement les décisions des tribunaux concernant les droits d’accès et de visite accordés aux parents délaissés afin qu’ils maintiennent un contact significatif avec leurs enfants résidant au Japon ». « Les enfants ressortissants de l’Union européenne au Japon doivent bénéficier de la protection prévue par les accords internationaux garantissant leurs droits », insiste le texte.

Réponse du ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, interrogé deux jours plus tard sur ce différend international : « Le Japon a toujours coopéré comme il se devait avec les autorités des autres pays, les décisions de justice sont prises sans considération de nationalité, donc les reproches n’ont aucun fondement. » Et, pour la partie japonaise, la discussion s’arrête là.

Chemin du combattant

Pour les pères et mères étrangers privés de leurs enfants, en revanche, le combat commence là. Qu’elles surviennent à l’étranger ou au Japon, ces soustractions d’enfants sont un énorme problème dont se sont déjà publiquement souciés des chefs d’État européens, dont le président Emmanuel Macron lors d’une visite au Japon l’an passé.

Avec la multiplication des mariages mixtes (le plus souvent une Japonaise avec un étranger) augmentent aussi les séparations et divorces. Or, quand il y a des enfants, que le couple bat de l’aile, le parent japonais a tendance à agir de façon soudaine et unilatérale : en quittant le foyer conjugal avec les petits. Dans le cas où l’enlèvement s’accompagne d’un déplacement transfrontalier, le parent lésé peut engager une procédure dans le cadre de la convention de La Haye qui prévoit le retour de l’enfant dans son lieu de résidence habituel afin de régler juridiquement dans ce pays le contentieux conjugal. Or il est reproché aux mères japonaises qui agissent de la sorte de s’arranger pour contourner cette convention en se disant victimes de violences, ce qui peut constituer une exception aux décisions de retour de l’enfant. Et, même dans le cas où une cour japonaise ordonne le renvoi dans le pays de résidence initial, l’exécution de la décision ne peut être forcée. Si le parent japonais fait barrage, rien ne se passe.

Violences

Le motif de violence est aussi invoqué dans la quasi-intégralité des cas de départ du foyer d’un parent japonais quand la famille réside au Japon. Les pères nient le plus souvent, mais les juges tendent à ne pas prendre de risque et à les tenir éloignés des enfants. Un Australien a passé plusieurs semaines en prison pour avoir essayé de prendre des nouvelles de ses enfants chez ses beaux-parents. Si visite il y a, elles sont souvent limitées à quelques heures par mois dans un lieu précis, parfois sous la surveillance d’une tierce personne. Le parent étranger, même dans le cas où il n’a rien à se reprocher, aura toutes les peines du monde à avoir gain de cause.

« Il y a bien sûr des violences conjugales au Japon, mais la définition est de plus en plus extensive et tout devient violence conjugale, donc prétexte à valider une situation de fait créée par le départ de la mère », regrette le député Hidehiro Mitani, un ex-avocat qui prend fait et cause pour les parents privés de leurs enfants. Mais, ce faisant, il a toutes les organisations féministes sur le dos qui l’accusent de protéger les hommes violents. « La politique d’aide envers les femmes effectivement battues n’est pas non plus à la hauteur », estime une responsable de l’aide sociale à Tokyo.

Quand le divorce est prononcé au Japon, l’autorité parentale et la garde ne sont confiées qu’à l’un des deux parents ( le plus souventcelui qui est parti avec les enfants), car la loi est ainsi faite. Sont aussi concernés par cette perte de contact avec leurs enfants la plupart des pères japonais qui divorcent. Beaucoup s’y résignent. La question de l’autorité parentale conjointe (non reconnue) suscite des réactions très dures de juristes et mères qui ont la garde. Le débat est bloqué à ce stade et le gouvernement actuel ne manifeste aucune intention concrète de le faire avancer.

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